MÉMOIRE
SUR
LA NATURE DU PRINCIPE
QUI SE COMBINE AVEC LES MÉTAUX PENDANT LEUR CALCINATION
ET QUI EN AUGMENTE LE POIDS (1).
Existe-t-il différentes espèces d’air ? Suffit-il qu’un corps soit dans un état
d’expansibilité (2) durable pour constituer une espèce d’air ? Enfin, les différents airs
que la nature nous offre, ou que nous parvenons à former, sont-ils des substances à
part, ou des modifications de l’air de l’atmosphère ? Telles sont les principales
questions qui embrassent le plan que je me suis formé, et dont je me propose de
mettre successivement le développement sous les yeux de l’Académie. Mais le temps
consacré à nos séances publiques ne me permettant pas de traiter aucune de ces
questions dans toute son étendue, je me, renfermerai aujourd’hui dans un seul cas
particulier, et je me bornerai à faire voir
(1) Mémoire lu à la rentrée publique de Pâques 1775, relu le 8 août 1778.
(Mémoires de l’Académie des sciences, année 1775. p.520.) - Les premières
expériences relatives à ce mémoire ont été faites il y a plus d’un an ; celles sur le
mercure précipité per se ont d’abord été tentées au verre ardent dans le mois de
novembre 1774, et faites ensuite avec toutes les précautions et les soins nécessaires
dans le laboratoire de Montigny, conjointement avec M. Trudaine, les 28 février, 1er et
2 mars de cette année ; enfin, elles ont été répétées de nouveau, le 31 mars dernier,
en présence de M. le duc de la Rochefoucault, de MM Trudaine, de Montigny, Macquer
et Cadet.
(2) Le mot d’expansibilité, que j’emploierai dans ce mémoire est aujourd’hui consacré
pour les physiciens et pour les chimistes depuis qu’un auteur moderne en a fixé le
sens dans un article très-étendu, rempli des vues les plus vastes et les plus neuves.
(Voy. Encyclopédie, t. II p. 274. )
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