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Ouvrages > LAVOISIER, Traité élémentaire de chimie, 1864 (1789).
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égale solidité, la capacité des vides qu'ils laisseraient entre eux ne serait plus la 
même, et l'on ne pourrait plus y loger une aussi grande quantité de sablon. La même 
chose arrive à l'égard de tous les corps de la nature ; les intervalles que leurs 
molécules laissent entre elles ne sont pas tous d'une égale capacité. Cette capacité 
dépend de la figure de ces molécules, de leur grosseur et de la distance les unes des 
autres à laquelle elles sont maintenues, suivant le rapport qui existe entre leur force 
d'attraction et la force répulsive qu'exerce le calorique.

C'est dans ce sens qu'on doit entendre cette expression, capacité des corps pour 
maintenir la matière de la chaleur ; expression fort juste, introduite par les 
physiciens anglais, qui ont eu les premiers des notions exactes à cet égard. Un 
exemple de ce qui se passe dans l'eau, et quelques réflexions sur la manière dont ce 
fluide mouille et pénètre les corps, rendra ceci plus intelligible ; on ne saurait trop 
s'aider, dans les choses abstraites, de comparaisons sensibles.

Si l'on plonge dans l'eau des morceaux de différents bois, égaux en volume, d'un pied 
cube, par exemple, ce fluide s'introduira peu à peu dans leurs pores ; ils se gonfleront 
et augmenteront de poids ; mais chaque espèce de bois admettra dans ses pores 
une quantité d'eau différente ; les plus légers et les plus poreux en logeront 
davantage ; ceux qui seront compactes et serrés n'en laisseront pénétrer qu'une très-
petite quantité ; enfin la proportion d'eau qu'ils recevront dépendra encore de la nature 
des molécules constituantes du bois, de l'affinité plus ou moins grande qu'elles 
auront avec l'eau, et les bois très-résineux, par exemple, quoique très-poreux, en 
admettront très-peu. On pourra donc dire que les différentes espèces de bois ont une 
capacité différente pour recevoir de l'eau ; on pourra même connaître, par 
l'augmentation de poids, la quantité qu'ils en auront absorbée ; mais, comme on 
ignorera la quantité d'eau qu'ils contenaient avant leur immersion, il ne sera pas 
possible de connaître la quantité absolue qu'ils en contiendront en en sortant.

Les mêmes circonstances ont lieu à l'égard des corps qui sont plongés dans le 
calorique ; en observant cependant que l'eau est un fluide in- [incompressible]

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